Ça
aurait put s’appeler «Étranger au Paradis»,
avec des latitudes longues comme des éclats de trompette,
quant au sens. Être un étranger au Paradis ou être
étranger au Paradis ? Être ange et au Paradis ? Êtreétrange
et au Paradis ? Bref ça aurait put s’appeler ainsi.
Et bien non. J’ai préféré vous souhaiter
la bienvenue. Dans mon Paradis à moi. Mais je ne baisse
pas les bras, étrange est mon Paradis…
Voilà.
Je viens de faire un pas vers la civilisation.
Des mails reçus m'y ont poussé.
"C'est quoi ce site où y a qu'une page!"
ou "il est bizar ton site".
J'ai donc rajouté des repères sur la gauche. Y a plus qu'à cliquer maintenant.
Prochaines étapes du processus de normalisation: ajouter des images un peu hot (mais pas trop hot tout de même, pour pas effaroucher
les bégueules).
Je vais essayer de trouver des z'images hots ET classes.
Je sais, ça va pas être facile.
Vas falloir fouiller les cartons, ressortir des antiquités d'un autre âge, ranimer des souvenirs de l'époque où voir une petite culotte était déjà le prémisse d'une histoire d'amour torride
Hi hi, voyez, je vous ai mis un tit smiley piqué sur msn.
C'est t'y pas beau, ça? Un visuel, un.
C'était trop noir, trop de texte, trop lourd à regarder?
Qu'à celà ne tienne.
Louez mes efforts, je suis en voie de sociabilisation.
Forcenée.
Je vais avoir la sociabilisation forcenée, acharnée.
Pour le moment, juste un pas vers la civilisation.
Faut pas brusquer, non plus.
J'enlève juste mes bottes, je secoue la gadoue et pis c'est tout.
Ok, n'en jetez plus, j'arrète avec ces bétises de smileys, c'est un coup à devenir gaga (pour les plus atteints, gaga=).
Je sens que je vais encore me faire incendier.
Cher visiteur, chère visiteuse, vous et moi allons connaître une renaissance de notre idylle.
Je vous ajouterai des images de Vuillemin, si vous voulez.
Son goût si sûr, manque un peu et le charme général généré par Bienvenue au Paradis s'en ressent, vous êtes d'accord avec moi, je sais.
Ces choses se sentent. Un peu comme les dessins de Vuillemin, qui, eux qussi, sentent le bon goût.
Bienvenue dans la haute, la qualité, le bon goût et la Beauté.
Et d'ailleurs, pour fêter comme il se doit ce changement de cap, aujourd'hui, exceptionnellement, je ne râlerai pas.
Je ne vitupèrerai pas les imbéciles qui savent et ignorerai les donneurs de leçons.
Je vais devenir propre et vil.
Je me sens déjà partiellement propre et totalement vil, c'est un bon début.
Mais... Car il y a toujours un mais, on ne se refait pas vraiment, n'est-ce pas?
Tout au moins retape t'on la façade, remballe t'on le cadeau.
L'intérieur, lui, est inchangé. Alors au diable les paradoxes et foin des convenances, entretenons les ambigüités.
J'ai re-re-re-relu hier Baby Boom de Jean Vautrin et ça me fait à chaque fois le même effet: je reste sur
le cul. Voici un tit extrait pour vous mettre en appétit.
"EMILE? Mon père?
Il est cocu comme un dix cors.
Oh! Victoire est
pas entièrement fautive. Elle shampouine, alors
bien sûr. Toujours l'abdomen contre les fauteuils,
c'est un métier ousse qu'on s'expose, la coiffure.
Quand on l'a balancée aux « Hommes », elle l'a
prédit, Victoire, qu'il faudrait bien payer de sa
personne. C'est vrai quoi, le brushing, le curling,
le mêche à mêche, ça vous met le triangle à portée
des tentations. La phallocratie, comme y disent,
faut bien y passer. C'est ça ou pas de pourboire.
M'enfin, y a pas que l'appât du gain.
Y a aussi la
chaleur. Ah! la chaleur.
Elle le dit assez, Victoire: « On est moites sous nos blouses. C'est depuis
qu'on a touché les mauves. Les zà p'tits pois. Elles
sont peut-être plus suggestives, mais elles sont en
polymachin. Total, les pores respirent pas! Ou
alors, à peine. »
Remarquez, y a pas que la tropicalité du salon
qui mette Victoire dans des états. Non. Loin de là.
Même moi, tenez, quand je passe trop près d'elle,
je sens bien qu'elle se noie dans ses glandes.
Jamais vu une mouilleuse pareille! Ce serait pas
ma belle-mère, parole, y a longtemps que je l'aurais essayee. De temps en temps, ça la prend malgré elle.
Paf !... à l'heure de la vaisselle par exemple. Quand
j'essuie les assiettes dans son dos et que papa
combine son tiercé dans le living. Plus fort qu'elle,
elle s'allume. Comme une lampe. Une fatalité en
quelque sorte, et c'est pour ça que je l'excuse.
Parce que, attention, Victoire, elle a un vieux
fond d'honnêteté. Sans charre, elle l'a pas pris en
traître le paternel quand il a fait la vie pour
l'épouser.
Elle lui a attrapé sa grosse tête entre ses ongles
vachement cutex. Elle l'a regardé dans les yeux.
Bienvenue au Paradis: Une Equipe de Professionels à votre Service.
Les dessins sont d'Alexis, of course.
Elle lui a dit: « Emile, t'es veuf, t'as cinquante-deux piges, un
peu de brioche et pas beaucoup d'ambition. J'veux
bien t'épouser parce que tu me bassines et que t'es
bon comme du Toblerone. Mais viens pas protester si j'fais des écarts! J'ai pas trente ans - vingt-huit à peine - et un corps d'amadou! Va pas râler
si je m'enflamme! »
Le père avait souri avec sa bonne bouille
pâlotte.
C'est le métier qui fait ça, la pâleur. Egoutier, ça
écrème le visage. On resplendit pas d'astre solaire. Il avait souri, oui, ça je me rappelle. Et il avait
répondu calmement: « Ecoute, Victoire, du moment que pendant
mes congés tu te consacres, eh bien, ça m'suffit!
Tu f'ras glisser Popaulle samedi, le dimanche et
les fêtes. Le reste? J'veux pas savoir !... »
C'est comme ça qu'il l'a eue Victoire.
Et, dans le fond, c'est la sagesse, cette môme.
Mon paternel, ce qu'il lui a amené, c'est la gentillesse, la stabilité, des trucs comme ça. La paie est
là tous les premiers du mois. Recto. Et c'est Victoire qui gère.
Papa, un peu d'argent de poche, un tiercé par-ci,
de quoi s'acheter des vers Dudule pour aller à la
pêche et c'est pesé. Pas emmerdant, comme on
voit.
« Tu constatera par toi-même, il me dit souvent, on apprend avec l'âge. Ta mère, tiens, Rosy,
je l'ai fait chier comme c'est pas permis. Je l'ai
tuée à la tâche! Déjà qu'elle avait pas de santé! En
prime, j'avais un coup de rein somptueux!
C'est ça
qui l'a achevée!
Des fois, j'm'en veux. Des fois,
moins...
Ah! Tout de même! C'est fou ce qu'on est
indulgent envers soi-même! »
Et, en général, y s'marre, mon adoptif.
Un gros rire d'amygdale, un rire pas méchant, il est poivrot mals pas vache.
..."
J'ai peut être l'admiration facile et la sensation rapide mais ça me rend tout chose, ces lignes.