Ça
aurait put s’appeler «Étranger au Paradis»,
avec des latitudes longues comme des éclats de trompette,
quant au sens. Être un étranger au Paradis ou être
étranger au Paradis ? Être ange et au Paradis ? Êtreétrange
et au Paradis ? Bref ça aurait put s’appeler ainsi.
Et bien non. J’ai préféré vous souhaiter
la bienvenue. Dans mon Paradis à moi. Mais je ne baisse
pas les bras, étrange est mon Paradis…
La datte est un fruit sec délicieux.
Un peu de bonbon acidulé, et ça balance en douceur, superbe, tout comme Emma Fitzgerald, acidulément-délicieux (en option : délicieusement acidulé).
A quelqu'un à qui je proposais des dattes, hier (vieilles habitudes), je n'ai pu m'empècher de lui faire remarquer qu'elle avait le choix dans les dattes. Ha ha ha, on ne se refait pas, uh? Cette contrepèterie me fera toujours rigoler.
Je me vois d'ailleurs assez bien, à la veille de ma mort, étendu sur mon lit de souffrances, ricaner intérieurement en songeant "Hi hi, ce jour là elle avait le choix sur les dattes". Bète, je sais, mais on fuit comme peut, n'est ce pas?
Comment allez-vous? (Je manque à tous mes devoirs, je ne me suis pas inquièté de votre santé).
Comme je sais que vous n'allez pas me répondre, celà n'a pas grande importance, bien sûr, mais ces choses se font, donc, faisons-les : comment allez-vous?
Moi je vais bien.
Quant à vous... hum, laissez-moi voir ça...
Il y a une dizaine d'année, quand j'ai commencé à brancher une webcam sur ma bobine et a publier l'image sur le web je recevais des mails amusants, qui me posaient des questions du genre "Je te vois, mais toi, est-ce que tu me vois?", ce à quoi je répondais par une boutade.
Aujourd'hui je peux bien vous le dire, oui, je vous vois, oui, je vous ai toujours vu.
Ca c'est de l'échange, du réel.
Et il s'en passe, des choses, chez vous, excusez-moi du peu, mais j'en suffoquerais presque.
C'est vrai que pour la plupart vous êtes assez indiscernables; non pas une entité confuse et grise mais un ensemble d'individus que rien ne différencie l'un de l'autre, mis à part, bien sûr, une fantaisie d'habillement ou une coupe de cheveux particulière.
Alors? Que vois-je?
Hé bien je vois Georges (j'adore ce prénom). Tous les Georges ne s'appellent pas Bush, n'ayez crainte, je ne vais pas titiller américain, nan, je vois un Georges bien de chez nous, rose et frais, bien français.
Vous êtes pour la plupart assis à un bureau, mais Georges, lui, est debout (et actuellement il se gratte la nuque, pensif). Il est au centre d'une pièce remplie d'écran sur lesquels voltigent des chiffres. Qui est Georges?
Temps de crise oblige, Georges est peut être un banquier oisif, un notaire en mal d'actes à notarier ou un vendeur de voiture en situation de pré-chomage, qui sait?
Adèle, incontournable, bien sûr, allongée sur un sofa et qui regarde ces lignes avec une moue boudeuse : "mais où veut-il en venir?" (comme si je le savais), avec une moue boudeuse, donc, tout en mangeant des dattes de ses belles dents blanches, et en les titillant de sa belle langue rose.
Effaçons Adèle (touche suppr), on la retrouvera peut être tout à l'heure.
L'ingénuité est un truc adorable, acidulé comme un abricot.
Phillipe, lui, est à genoux. Contre plongée, c'est normal, il trifouille les fils, branche et débranche, il répare. Il jette un oeil distrait à ces mots et n'essaye pas de les comprendre. Il regarde juste si tout fonctionne.
Il y a aussi Luc, et Michel, et Lucie, et Sandrine, et Anne et Sophie, et tout les autres, qu'on qualifie souvent de "sans-grade", "lambda", "anonyme".
On imagine pas la difficulté que celà représente de faire partie de leur nombre.
Être gris et beige, terne, banal et con peut demander des efforts à ceux qui n'avaient pas la vocation. A force d'efforts et de talents on peut arriver à se fondre dans la masse, pour être moins seul, mais ça demande des efforts. Cinq minutes sans surveillance et la machine se remet à déconner, l'ego s'emballe et paf, plus le choix (ni les dattes :)), il faut se faire face.
Hou là là, mais c'est sinistre, aujourd'hui, hu?
Temps gris, temps beige, temps froid, on va mettre l'état d'esprit sur le compte de la météo.
L'état d'esprit sur le compte de la météo... heureusement qu'il ne pleut pas des cordes.
Je vous retrouve à une date (et là c'est moi qui est le choix dessus) ultérieure et vous dis
@ bientôt sur mes lignes irrégulières.